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Soirée 23 mars 2004

 

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Soirées à thème de l'Association PARI

Soirée du 23 mars 2004

  

Thème : Les drogues et produits illicites

Lieu : Merckwiller

Nombre de participants :  23

Animation  : Brigade de répression de la délinquance juvénile de la Gendarmerie

Compte rendu rédigé par Jean DUCRET et Jean-Michel LAPLANCHE

Pour télécharger le compte rendu au format .doc (98 ko) cliquez ici

 Pour télécharger le compte rendu au format .htm (21 ko) cliquez ici

 

Résumé :

soir_mars04_a.jpg

Introduction

Parmi les substances dont l’usage peut conduire à l’intoxication, à l’accoutumance et la toxicomanie, (les drogues) certaines sont licites,

    l’alcool,

    le tabac, (63000 morts / an dont des fumeurs passifs)

    certains médicaments,

d’autres sont illicites :

    le cannabis qui cumule les dangers de l’alcool et du tabac,

    la cocaïne est un stimulant, le crack,

    l’ecstasy,

    l’opium, la morphine, l’héroïne sont des calmants relaxants,

    les GHB (gamma hydroxybutyrate) provoque la perte du souvenir,

    le LSD est un désinhibiteur.

L’alcool est responsable, par maladies ou accidents, de 40000 morts/an en France. Le corps humain l’élimine à raison de 0,15 g/l, donc selon les doses absorbées, les risques peuvent encore exister le lendemain. Il est à l’origine d’accidents de la route, d’accidents du travail, de maladies cardiovasculaires, d’accidents cérébraux, de cirrhoses, il provoque une grande dépendance. Il est plus dangereux en cas de grossesse que la cocaïne.

Les cas d’alcoolisme sont couverts par le secret médical, la personne doit être déclarée " malade ". Dans les cas avérés en entreprise, le chef d’entreprise doit faire appel à la gendarmerie, cela doit être mené avec précaution, la situation est délicate, mais, si on n’intervient pas et qu’un accident se produit, il pourra être reconnu responsable. Le règlement intérieur peut mentionner que des dépistages pourront être effectués en cas de soupçon, mais la personne doit être consentante. Par contre, cela peut lui permettre de faire lever un doute et couper cours à des rumeurs infondées.

Rappel : un taux d’alcoolémie de 0,25% par air expiré correspond à un taux de 0,5% dans le sang.

 

Le cannabis, molécule active : le tétra hydro-cannabinol (THC)

C’est la drogue la plus consommée en entreprise, elle est de plus en plus consommée par des personnes de plus en plus agées et sa dangerosité intrinsèque a été multipliée par 20 en 60 ans.

Le produit est considéré comme stupéfiant à partir d’une teneur en THC > 0,3 %.

  1. Les formes de cannabis : Deux plantes différentes :
    • Le chanvre vulgaire contient moins de 0,3% de THC.

      Le chanvre indien en contient de 15 à 20% et les plans " s’améliorent "sans cesse.

    Les graines de chanvre indien ne contient pas de THC, elle n’est donc pas interdite et peuvent se trouver mélangées à des graines pour oiseaux par exemple. C’est une plante qui pousse vite, le taux de THC augmente avec la chaleur et la lumière qui accompagnent la croissance de la plante. Les formes du cannabis :

      - " l’herbe " : plante séchée et broyée 3 à 8 % de THC,

      - " la résine " de cannabis, c’est le sommet floral de la plante qui est traité, elle peut atteindre 35% en THC,

      - " l’huile " contient jusqu’à 45% (60 ?) de THC.

    Ces deux dernières formes représentent l’essentiel de la consommation de cannabis ;90% du cannabis consommé en France provient du Maroc, le reste est cultivé en Hollande (dans la maison, la cuisine en général, pièce chaude)

  2. Consommation
  3. Le cannabis se consomme à 90% par la fumée et ne provoque pas d’overdose. La résine peut être broyée en poudre et injectée par seringue, en général la poudre n’est pas assez fine et est source de nécroses locales. Il peut également être consommé sous forme de " gâteau " ou en infusion, forme la moins dangereuse. Il est présent dans certains médicaments sous forme d’infusion.

    Les fumeurs fabriquent souvent les paquets entiers de cigarettes (tabac + cannabis) avec le matériel vendu dans le commerce pour rouler les cigarettes. Ils peuvent ainsi fabriquer un paquet de cigarettes anodin à première vue.

    Pour le " dealer " ce qui compte c’est le poids vendu de matière, ce n’est pas la matière active qui est souvent coupée avec d’autres matières (jusqu’à 40%) qui peuvent être n’importe quoi et particulièrement dangereuses :

    de la brique pilée, des déjections animales (bouse de vache, excréments de chameau), du cirage, de la soude caustique mélange particulièrement dangereux, de la sciure, des résidus de pneumatiques hachés, les plus dangereux car hautement cancérogènes, etc .

  4. Les effets :
  5. Le cannabis cumule les effets du tabac et de l’alcool, il bloque les réflexes. Dans certains accidents de la route ou eu aucun freinage n’a été constaté, l’enquête a montré qu’il y avait corrélation avec la prise de cannabis par le conducteur. Il a été a prouvé que l’ivresse cannabique provoquait un blocage mental des réflexes ; l’ordre n’est plus transmis aux membres, malgré la perception du danger.

    Le cannabis laisse des résidus dans le corps détectables jusqu’à 6 mois après la dernière prise. Par contre les effets ne se font sentir que pendant 48 heures maximum. En Allemagne, les contrôles pour détection de prise de cannabis sont effectué tous les 6 mois.

    La santé mentale est affectée. Un cannabis à plus de 15% détruit les neurones.

    Le comportement des individus consommateurs est   :                  soir_mars04_c.jpg

      Perte de l’intérêt des choses désintéressement de tout

      Perte de mémoire

    Il n’est pas prouvé que le cannabis est cancérogène, mais comme il est essentiellement consommé avec du tabac … ! Il y a 18 fois plus de produits toxiques dans la fumée de cannabis que dans le tabac (analyses réalisées en laboratoire sur poumons artificiels)

    Le cannabis est responsable de 5 fois plus de viols, et l’alcool de 4 fois plus, qu’en absence de prise de drogue.

    Le cannabis mélangé à l’opium conduit à une dépendance aux opiacés (morphine, héroïne).

    Dans le Bas-Rhin (qui sert de département test) où depuis 2002 à chaque accident mortel un dépistage systématique de THC est effectué en parallèle avec un test d’alcoolémie, 23% de morts sur la route avaient un test positif au cannabis et 24% avaient un test positif à l’alcool.

  6.  Détection physique (possible) :                                      
    • odeur caractéristique de la fumée,

      yeux rouges (mais pas très fiable …),

      agressivité " anormale ",

      manque d’intérêt de la personne à ce qui l’entoure,

      demandes répétées d’avance sur salaire, (pour se fournir sa dose).

    Ce sont des signes indicatifs, sans être des preuves toujours fiables.

    Le dépistage, qui se fait par analyse de salive, de cheveux ou de sang, peut être demandé au médecin du travail. Dans tous les cas le secret professionnel reste la règle. Il ne peut pas être imposé, la personne doit être consentante, là aussi cela peut lui permettre de faire lever un doute ou taire des rumeurs.

    Pour le fumeur occasionnel la drogue n’aura pas eu d’effet, mais en cas d’accident et de dépistage, son test sera positif s’il est fait dans les 6 mois qui suivent l’absorption.

    Depuis 4/5 ans on parle de " suicides au cannabis ". On ne sait pas encore distinguer de façon certaine s’il s’agit de personnes dépressives et suicidaires que le cannabis aide à passer à l’acte, ou bien de personnes normales que l’effet hallucinogène conduit à commettre l’acte " inconsciemment ".

  7. Thérapie

    Aucune actuellement à part le sevrage. Il n’existe pas de produit de remplacement inoffensif.

Remarque : la loi interdit tout port ostensible de toute représentation d’une feuille de chanvre indien : il existe des colliers, des affichettes, leur exhibition est répréhensible.

 

 

La cocaïne

Peu rencontrée dans les entreprises.

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  1. Production :
  2. les feuilles de coca sont mises à macérer dans le kérosène (solvant efficace et pas cher) pendant trois semaines, ce sont en général des enfants qui piétinent les feuilles en cours de macération. Cela donne une pâte, la " pasta " qui traitée

      par l’acide sulfurique conduit à une poudre plus ou moins blanche selon son degré de pureté : la cocaïne,

      par l’ammoniaque produit le " crack ".

  3. Effets de la cocaïne-poudre :
  4. Au début, pendant quelques temps (les meilleurs), elle donne un sentiment de puissance intellectuelle, puis au bout de 6 mois cet effet est progressivement remplacé par un état de déchéance de plus en plus prononcé. Elle se consomme toute les 2 heures, soit de 4 ou 5 g/jour ce qui, à raison de ~ 600 F le g, est très coûteux. Ce sont surtout les artistes qui sont adeptes. La consommation de cocaïne et d’héroïne alterne les effets des deux drogues : excitant / calmant.

  5. Effets du " crack "
  6. C’est lui qui provoque la plus grande dépendance, il se consomme sous forme de petits cailloux et fumé. Le besoin de reconsommer est insurmontable. Il développe la violence et de plus les consommateurs ne sentent plus la douleur, ce qui leur donne une puissance incontrôlable. Lorsqu’ils sont en manque ils deviennent capables de tout pour se procurer leur dose, ils n’ont aucune limite, s’ils n’ont plus d’argent ils vont jusqu’à tuer leur " dealer " pour la prendre. Cela à provoqué la disparition du crack du marché des drogues, il y avait trop de risques pour les " dealers ".

 

L’ecstasy

C’est une amphétamine. Elle donne l’impression de mieux communiquer, en fait elle isole complètement sur le plan social. Elle se présente sous de multiples mélanges pouvant être très dangereux, sous forme de pastilles fabriquées de façon à rapporter un maximum, allant de cachets sans aucun principe actif jusqu’à des concentrations trop importantes conduisant à la mort immédiate.

Elle détruit le cerveau plus ou moins rapidement et conduit à des hémorragies cérébrales. On décrit le cas d’une jeune fille restée dans le coma pendant 6 mois et s’étant réveillée avec un âge mental de 4ans (définitif).

 

Le LSD

C’est une substance hallucinogène dont les effets sont décrits depuis le moyen-âge, elle est produite naturellement par l’ergot de seigle (champignon parasite du seigle). Il pouvait être consommé accidentellement dans le pain fabriqué à partir de céréales contaminées et provoquait la " danse de Saint Guy ".

Il est fournit sous forme de " timbre " imprégné, consommé par voie buccale. Le LSD étant sans odeur et très lent à s’évaporer, les timbres même très vieux restent actifs de nombreuses années.

Les effets du LSD : les consommateurs voient des monstres qui dans le meilleur des cas se promènent dans la pièce, sortent des placards ou de tout autre objet, mais peuvent aussi donner l’impression de sortir du corps du drogué lui-même avec sensation de la douleur qui accompagne l’extraction du corps. Or il veut tuer le monstre pour supprimer la douleur, ce qui le conduit à des mutilations ou à se tuer lui-même, ou bien à sauter par la fenêtre pour fuir le monstre.

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Les effets se manifestent en deux temps :

    Le premier " voyage " immédiat ne se passe pas trop mal, mais une partie de la substance va se fixer dans les reins.

    Le deuxième " voyage " est une remontée de cette substance vers le cerveau, (intoxication subaiguë différée) au bout de 6 à 8 semaines de façon totalement imprévue, même si la personne n’a plus consommé depuis. Elle est alors terrorisée par sa peur et peut rester marquée à vie.

Actuellement il n’y a plus de saisie car le LSD fait trop peur, il n’est plus consommé. Tout ce qui est besoin hallucinogène s’est reporté sur le cannabis.

 

Famille des opiacées, héroïne.

On extrait l’opium des graines de pavot à opium, qui peut être transformé en morphine (en particulier de façon légale et contrôlée pour produire les médicaments qui en contiennent), elle-même transformable en héroïne, poudre brune si peu raffinée, blanche si très pure.

  1. Consommation :
  2. L’opium est consommé tel quel dans les pays producteurs, mais cela nécessite une " infrastructure " et un matériel particulier, une " culture " propre à ces pays aussi, dans nos régions, c’est surtout l’héroïne qui est consommée. Elle s’injecte par piqûre. L’héroïne est très rare sur les lieux de travail car le drogué plane plusieurs heures et est incapable de faire son travail, il y a peu de risque d’accident. Par contre le risque majeur dans ce cas est le SIDA.

  3. Les effets.
  4. Les effets se manifestent en deux étapes, lors de la toute première prise :

    • un effet " flash " qui est vécu comme quelque chose d’extraordinaire, un plaisir intense, qui n’intervient qu’une fois la première fois, il dure deux à trois minutes,
    • ensuite le drogué plane pendant 6 à 8 heures de façon cyclique.

 flash.jpg

 

Or ce flash est mémorisé, au moindre petit problème de la vie le consommateur va vouloir retrouver ce plaisir intense et une dépendance psychologique va s’installer. Or la prise d’héroïne (ou de morphine) inhibe la fabrication d’endorphine du corps humain. Ce sont nos endorphines naturelles, produites selon les besoins en cas de blessures ou de traumatisme, qui limitent les douleurs. Après plusieurs prises l’apport de morphine ou d’héroïne externe a pour effet d’arrêter la production naturelle d’endorphines, en conséquence, lorsque la prise de drogue est stoppée il s’installe une douleur qui n’est plus calmée par les endorphines que le corps ne produit plus et celle-ci devient insupportable, décrite comme une souffrance atroce, comme si le corps était à vif. D’où la nécessité pour le drogué de consommer à nouveau pour ne plus souffrir.

Ceci explique les douleurs et les difficultés du sevrage (nécessité de 3 semaines minimum) le temps que le corps humain puisse synthétiser à nouveau ses endorphines. Peu de drogués à l’héroïne arrivent à " tenir " la cure de désintoxication. Un héroïnomane en phase finale se pique n’importe où, avec un gros risque de piqûre mortelle, mais surtout cela lui coûte très cher (2000 à 3000 F/ jour), il n’a plus de quoi se payer de la nourriture, le besoin de drogue pour calmer la douleur l’emporte sur tout le reste, il devient de plus en plus faible, et meurt de maladie ou d’épuisement, indépendamment d’une overdose.

Avec les médicaments actuel un héroïnomane sur deux s’en sort, le subutex (sur ordonnance donc difficile à suivre et à contrôler), ou mieux la méthadone, uniquement donnée en centre médical donc en cures de désintoxication mieux dirigées.

Dans le cas de grossesse, cela se transmet au bébé qu’il faut isoler durant une certaine période et auquel il faut injecter une faible dose de produit de substitution.

 

Conclusion

Sur les lieux de travail nous rencontrons essentiellement l’alcool et le cannabis. L’important n’est pas de savoir ce que la personne consomme, mais pourquoi elle consomme une drogue (licite ou illicite).

 

 

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