|
Le décret
de décembre 2003
Laurence FERRAND et François
BARTHELMé – Direction Régionale du Travail.
Ce décret s’applique à tous les produits
chimiques dangereux, il a été précédé
en 2001 par le " décret CMR " spécifique
des cancérogènes, mutagènes et
toxiques pour la reproduction (ou reprotoxiques).
Deux tableaux complémentaires sont distribués
aux participants. Ils fournissent les éléments
concernant la réglementation sur le risque chimique
pour le tableau A, la prévention et le contrôle
des autres risques liés aux produits chimiques
pour le tableau B. Ces données doivent absolument
être croisées pour appliquer l’ensemble
de la réglementation.
Pour chaque ligne du tableau A sont portés
les références des articlesréglementaires,
qui ne sont pas systématiquement les mêmes
selon que l'on a affaire à des CMR ou à
des non CMR.
Actuellement les circulaires d'application ne sont
pas encore parues, il reste donc des points obscurs
sur la façon d'appliquer pratiquement le décret.
Réglementation sur les produits chimiques
– décret 2003
1. Classement des produits
Non dangereux.
La réglementation n’a pas retenu les produits
non dangereux, mais il faut prendre en compte tous
les moments d’utilisation du produit, et toutes
les règles précédemment aux
CMR s’adressent dorénavant à tous
les produits chimiques dangereux.
Ex. : l’azote est non dangereux dans l’air ;
or en absence d’oxygène lors d’inertages
il est toxique. De même la poussière
de talc est inerte, mais en trop grande proportion
elle peut devenir toxique.
Dangereux (incluant les déchets).
L’art. R 231 cite les agents chimiques dangereux,
mais il existe également des produits dangereux
non classés, quelques exemples : la poussière
de bois, les fumées, les substances dégagées
lors de polymérisations, les composés
synthétisés dans les laboratoires
de recherche, les gaz inertes en absence d’oxygène,
le poivre (qui peut provoquer des asthmes professionnels),
les médicaments dans les laboratoires de
production, etc.
Q - Qu’en est-il des déchets?
R - Les déchets banals peuvent être
dangereux s’ils sont souillés par des
produits dangereux (chiffons imprégnés
de produits toxiques par exemple).
Les agents chimiques dangereux sont répartis
en 3 ensembles :
- Produits
dangereux et CMR catégorie 3 (cancérogènes
possibles),
- CMR
catégorie 1 (cancérogènes
certains chez l’homme) et 2 (cancérogènes
probables chez l’homme et avérés
chez l’animal),
- Autres
produits dangereux, dont les produits interdits,
tous cancérogènes.
2. Prévention réglementaire concernant
les substances dangereuses.
On doit procéder à l’évaluation
des risques incluant toutes les activités concernant
un produit chimique ou des produits multiples (synergies,
incompatibilités …). L’évaluation doit
être remise à jour régulièrement.
Pour l’ensemble des substances dangereuses, les principes
de base concernant la prévention s’appliquent:
supprimer ou réduire le risque. Pour les CMR
substituer est fondamental.
a. La notion de risque faible,
spécifique de la réglementation 2003
pour les non CMR n’est, actuellement, pas très
bien définie, il n’y a pas de délimitation
claire. C’est un choix de l’employeur. Exemple de difficultés
que l’on peut rencontrer: les produits de bureau conditionnés
en petites quantités mais comportant le pictogramme
inflammable, les produits de nettoyage des fours, les
produits allergisants … En fait c’est l’évaluation
des risques professionnels (EvRP) qui aidera à
quantifier le risque réel, en tenant compte des
quantités, des conditions et de la fréquence
d’utilisation.
b. Le risque existe, des dispositions sont à
prendre:
techniques
et organisationnelles,
information,
hygiène,
suivi
médical individuel,
mesures
de concentrations:
- VLEP (valeurs limites d’exposition professionnelles)
réglementaires: indicatives, mesurées
dans les zones d’exposition. Actuellement il
y a 6 valeurs limites réglementaires impératives: Pb, benzène, trichloroéthylène,
chlorure de vinyle, silice et poussière
de bois et une seule qu’il est interdit de dépasser,
le benzène. L’arrêté du
30 juin en instaure 65.
- VLB, valeurs limites biologiques, mesurées
dans le sang ou dans les urines.
3. La réglementation de classification ne
suffit pas,
il faut tenir compte de l’autre tableau comprenant:
a. les textes du Code du travail spécifiques
aux produits chimiques (section V),
Agents
chimiques dangereux
Agents
chimiques dangereux interdits:
interdits
pour des travaux particuliers,
interdits
pour des publics particuliers (femmes enceintes,
jeunes ... )
b. Les textes non spécifiques des PC,
codifiés ou non, (aération-assainissement)
/ risque incendie-explosion / installations de sécurité
/ cuves, bassins, réservoirs, tuyauteries / travaux
réalisés par une entreprise extérieure).
c. La réglementation Seveso,
d. Le code de la Sécurité Sociale.
Q - Christian HAUPTMANN demande comment faire valablement
l’étude rétrospective de l’exposition
que les travailleurs ont subi dans les différentes
entreprises dans lesquelles ils ont travaillé?
R - Mme FERRAND et M. BARTHELMé précisent
qu’ils n’ont pas de réponse, ils prennent note
pour poser la question au Ministère.
M. HABERER précise que pour la CRAM il suffit
de savoir à quelles substances a été
exposé la personne, ne serait-ce qu’une fois,
peu importe la dose ou la durée de l’exposition.
J.-M. BURGIO pose également le problème
de la rigueur des renseignements portés sur les
fiches d’exposition.

|