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Intervention de M. PAJOD
M. Pajod, du service Prévention de la CRAM d'Alsace-Moselle, rappelle que le service Prévention a aussi besoin de l'avis et de l'expérience des animateurs de sécurité.
Il faut rechercher ce qui peut induire un comportement dangereux, on ne pourra jamais éviter tous les accidents, mais il faut en éviter le plus possible.
- L'évaluation des risques.
Il y a 5 ou 6 ans, un canevas avait été établi pour aider les entreprises de 30 à 250 salariés à identifier leurs risques. Ce document ébauché, la CRAM s'est tourné vers PARI pour le tester avant publication sous sa forme définitive. Très utilisé depuis, il a été enrichi puis adapté pour les grosses entreprises. Remis à jour et publié sur le site internet de la CRAM, il fait l'objet de consultations et téléchargements très importants.
La position de la CRAM sur l'évaluation des risques :
IDENTIFIER – HIERARCHISER – PLANIFIER
ce qui amène non seulement à l'évaluation, mais aussi et surtout à l'action qui doit suivre l'identification, ce qui à priori n'est pas évident. Pour une entreprise, la CRAM ne pourra qu'aider à l'évaluation.
La démarche doit respecter 5 principes :
- engagement du chef d'entreprise;
- adaptabilité : il n'y a pas un outil unique, chaque entreprise s'adapte et adapte l'outil à son environnement
- autonomie : il faut utiliser les connaissances de l'entreprise, les interventions externes ne viennent que pour enrichir les compétences internes;
- la participation de tout le personnel, tenir compte des réalités travail prescrit – travail réel, pour ne pas passer à côté de certains risques qui pourraient être complètement occultés si le personnel n'était pas consulté.
- finalité : c'est le plan d'action qui découle de l'évaluation.
Le document unique n'est donc pas une fin en soi, la réglementation est claire sur le fait que le plan d'action doit être la vraie finalité.
Si le document n'est pas terminé à temps, ce n'est pas trop grave dès lors que la démarche est engagée, sauf pour les entreprises classées SEVESO, qui doivent donner l'exemple et pour lesquelles le document doit déjà être terminé.
Dans le document, il est clair qu'il faut tendre vers l'exhaustivité, mais qu'il est utopique de l'atteindre. On admet donc un risque résiduel.
Cette démarche est décrite dans un recto-verso A4, "EvRP – L'évaluation des risques professionnels – une démarche structurée pour une politique de santé-sécurité au travail réussie". Il est disponible sur le site internet :
www.cram-alsace-moselle.fr
Une autre fiche ayant pour but d'aider à une autoévaluation de la démarche a été préparé par un groupe de travail de la CRAM, "évaluation des risques professionnels : appréciez la qualité de la démarche" sera disponible en ligne dans quelques temps.
Autres documents INRS ou CRAM :
- ED 886 : concernant la démarche d'évaluation,
"évaluation des risques professionnels – Principes et pratiques recommandés par la CNAMTS, les CRAM, les CGSS, et l'INRS"
- ED 887 : sur le document unique,
"évaluation des risques professionnels – Questions-réponses sur le document unique"
- ED 840 : il est plus ancien et concerne les PME et PMI,
"évaluation des risques professionnels – Guide pour les PME-PMI"
- ED 877 : guide d'évaluation du risque routier,
"Risque routier encouru par les salariés – Comprendre pour agir"
- Notes techniques des CRAM (les références données sont celles de la CRAM Alsace-Moselle) :
- "livraison des matériaux de construction sur les chantiers du bâtiment et des travaux publics" : NT 27-2000
- "chargement et déchargement des véhicules-citernes contenant des liquides dangereux" : NT 28-2001
- "évaluation du risque chimique" : NT 29-2002
Pour notre région, on assiste à une légère diminution de l'indice de fréquence régional (46,6 contre 47,7 en 2000), le nombre d'accidents du travail diminue, mais la durée moyenne d'incapacité augmente, de même que le nombre de journées perdues. Le nombre d'accidents graves, 1824, est meilleur qu'en 2000 (2197), mais reste néanmoins mauvais.
En 2001, il y a eu 36 morts liés à des accidents de travail, dont 16 dans des accidents de la circulation et 6 dus à des chutes de hauteur.
- Les accidents liés à la manutention sont en augmentation.
- En ce qui concerne les maladies professionnelles, elles ne sont comptabilisées qu'à partir du moment où elles sont reconnues et que le 1er remboursement a eu lieu; leur analyse est donc décalée par rapport à la réalité, elles sont stables avec 1167 en 2001.
- Les cas de maladies liés à l'amiante : 38 ont été détectés en 2001. Or souvent les entreprises ont disparu, actuellement 79 sont payées par le tronc commun et il faut s'attendre à de plus en plus de prises en charge par le tronc commun à l'avenirce qui posera des problèmes.
Le risque routier et les maladies professionnelles seront les "postes lourds" à l'avenir.
- Manutention : à l'image de ce qui existe déjà pour les TMS et qui fonctionne bien, des stages expérimentaux sur les gestes et postures vont être organisés. Il seront programmés en 2 x 2 jours pour 6 à 8 personnes, avec entre autres une visite d'étude en entreprise.
- Un Club Entreprise a été créé cette année à Mulhouse : c'est un partage d'opérations réussies.
- Minorations de taux (accidents de trajets) : le dossier ne sera pas bloqué si l'entreprise est déjà très engagée dans son évaluation des risques, on dissocie le trajet de ce qui se passe dans l'entreprise.
- Stages conjoints CRAM – Prévention Routière : 2 jours, payants; 1 / an pour les animateurs sécurité et stage P.R.
Henri Kruth demande aux membres qui le souhaitent de le prévenir pour pouvoir les inscrire à ceux qui sont organisés chez Stracel (cela permettra une réduction du coût individuel). Il y en a 2 / an, il communiquera les dates. Ces stages font travailler sur le comportement, ce qui est très important.
- TMS et lombargies : leur nombre va augmenter à l'avenir, de même que dans d'autres domaines dits émergeants où l'on ne soupçonne pas encore l'importance des risques d'accidents.
- Produits chimiques : la fiche de données de sécurité n'est pas toujours exacte et fiable et il ne faut pas hésiter à contacter la CRAM pour obtenir plus d'information, car elle accès aux données confidentielles ce qui lui permet, sans révéler les compositions ou les secrets de fabrication, de mieux renseigner les utilisateurs sur les risques encourus.
- Stress au travail, harcèlement sont beaucoup plus difficiles à aborder: le service des risques émergeants sera étoffé.
Q. : méthode de quantification du stress : comment pensez-vous faire face aux difficultés que cela présente?
R. : il y a encore 10 à 15 ans, on ne savait rien des TMS, maintenant, on dispose à la fois de méthodes de diagnostic pour ergonomes et de méthodes pour non ergonomes. On espère qu'on va évoluer de la même façon pour ces risques émergeants, notamment dans ces domaines difficiles à appréhender comme le stress ou la psychosociologie.
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