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Réunion 28 oct 2005

 

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    Réunion du 28 octobre 2005

  

Lieu : STRACEL

Nombre de participants :  54

Compte rendu rédigé par Jean DUCRET

 

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Nous sommes accueillis par Henri KRUTH à un petit déjeuner ayant pour thème le comportement humain face aux risques professionnels, premier bilan d’une étude réalisée chez STRACEL. Henri précise que l’action menée au sein de STRACEL avec Didier raffin a apporté beaucoup plus que prévu.

Résumé

     

La réunion est terminée à 11h30

 

Évaluation et maîtrise des risques professionnels : apports de la psychologie.

Didier RAFFIN – Maître de Conférence associé à l’ULP (Ergonomie)

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Quelques points clé – Résumé.

Nous nous intéressons aux mécanismes qui déclenchent la prise de décision face à un choix qui met en jeu la sécurité.

1. Généralités

    Devant les risques réels, la perception de l’individu constitue un filtre qui transforme le risque réel en risque perçu, ce qui va conduire à un comportement donné en fonction uniquement du risque perçu.

    Le cerveau humain réagit à des mécanismes universels qui font que l’on cherche à gagner du temps et de l’énergie, il prend donc des raccourcis. Ces mécanismes déclenchent en un moment très court la prise de décision face à un choix qui met en jeu la sécurité.

    STRACEL a été pionnier, en France, dans le développement d’un modèle mis au point en Amérique du Nord, permettant d’identifier les phénomènes psychologiques à la base de la prise de décision dans une situation à risques.

    a. Les biais de perception :

      processus qui influencent la perception du risque réel, exemples :

      •  l’optimisme comparatif conduisant à relativiser le risque,
      •  l’illusion de contrôle permettant de prendre des risques trop grands.

    b. Les biais d’attribution défensive :

      processus qui influencent la perception des origines du risque, exemple :

      " c’est la faute à l’environnement ". Naturellement devant un accident, le témoin attribue la faute ou les causes de l’accident en fonction de sa situation personnelle, s’identifiant ou non à la victime. Cela conduit à des résistances et à une faible adhésion aux mesures sécuritaires centrées sur le comportement de l’individu, chacun reste sur sa position.

    c. L’erreur fondamentale d’attribution,

      conduit, au contraire, à penser que l’accident est de la faute de l’individu et aura pour conséquence une non remise en cause des conditions et de l’environnement de travail.

    d. Les caractéristiques de l’organisation

    •  Les facteurs aggravants : ambiance, perturbations environnementales.
    •  Les phénomènes de groupe :
    • Conformisme, particulièrement net pour les nouveaux entrants, la personne adopte l’attitude du groupe dans lequel elle souhaite s’intégrer, donc n’applique pas les consignes.

      Désirabilité sociale : l’individu fait ce qu’il croit que les collègues ou le chef attendent de lui, ce qui conduit à des malentendus.

    Mode d’expression d’un conflit avec la hiérarchie conduisant à la transgression des règles.

    •  La communication : il est extrêmement important que l’info sécurité soit cohérente avec la réalité. Ne pas laisser des panneaux alors que le risque n’existe plus.
    •  L’organisation pathogène : à force d’enrichir les tâches en vue de favoriser la valorisation des opérateurs, il en résulte des difficultés pour ceux-ci à se déconnecter du travail, un stress de " peur de ne pas réussir " est généré.
    •  Le management : il est essentiel et c’est la première condition de réussite de toute action de sécurité, que la Hiérarchie soit convaincue de la nécessité de l’action à mener et il est nécessaire qu’elle donne l’exemple.

    Cette organisation et ces différents éléments vont générer un climat particulier, le " climat de sécurité ", spécifique de l’entreprise, chacun ayant ses croyances propres : ce qu’il imagine être et devoir faire, c’est la " perception subjective " de l’environnement de travail.

    On va donc mesurer le climat de sécurité pour déterminer les perceptions et les croyances des individus sur la sécurité dans l’entreprise. Ces résultats seront pris en compte à différents niveaux et conduiront à des plans d’action visant à optimiser l’implication des salariés et par conséquent à diminuer la survenue des comportements à risque.

2. Le modèle : trois outils.

    a. Le climat de sécurité

      s’il est négatif, on constatera :

      •  une augmentation des biais d’attribution, conduisant à une mauvaise identification des causes d’accident et à l’inefficacité des mesures de prévention ;
      •  une augmentation des biais de perception et des prises de risque.

      Au contraire un climat de sécurité positif conduira :

      •  à une réduction des biais d’attribution donc à une meilleure évaluation des risques et à une meilleure prise en compte des problèmes de sécurité.

      Niveau d’action : à l’aide de questionnaires, on mesure le climat de sécurité, les gens se positionnent sur une échelle d’attitude comportant une quarantaine d’items. Ensuite on repère sur quoi on va agir, on définit des plans d’action ciblés pour augmenter la dynamique de sécurité et diminuer les comportements à risques.

    b. Une formation,

      qui, par des exercices montrera le fonctionnement des biais et les mécanismes. La formation est basée sur le fait que lorsque l’individu prend conscience des mécanismes, il peut mieux les maîtriser, et entre collègues des réflexions croisées doivent s’amorcer ce qui aura pour effet de relancent les discussions autour du thème sécuritaire.

    c. La communication sur le thème de la sécurité,

    plus on multiplie et diversifie les canaux, plus on sera efficace ; importance toute particulière de la " recrédibilisation " de l’information, qui doit toujours correspondre à la réalité de la situation (panneau en cohérence avec le risque).

    Chez STRACEL la démarche va continuer jusqu’au début de l’année prochaine. Les données techniques et les installations ont été intégrées dans le processus, les rapports d’incidents ont été encouragés, l’outil informatique facilitant les déclarations. Une trentaine de cadres et d’encadrants ont été formé à la sécurité, aux visites de sécurité et à la discussion avec les personnels.

 

Q.  Si une entreprise est en position difficile (audit, plan social, etc.) est-ce une opportunité pour entamer ce type d’action ?

R.  le seul critère important à considérer est l’engagement de la direction.

 

Q.  Quel a été le point de départ de cette opération ?

R.  Henri KRUTH répond : lors de Préventica (intervention de Didier Raffin) puis un projet a été présenté au Comité de Direction de l’entreprise, il y a eu engagement de la Direction, sans lequel rien n’aurait été possible.

 

Q.  Y a-t-il une liaison entre la perception personnelle et le service dans lequel est menée la démarche, qui fait qu’il y ait un engagement plus fort de l’ensemble du service ?

R.  oui et le résultat est clair, des échanges prometteurs ont eu lieu car on ne cherche pas de coupable. Il est indispensable que tout le monde suive la formation : les opérateurs aussi bien que la hiérarchie du service.

 

Q.  Qu’en est-il avec les métiers d’urgence, les travailleurs isolés …

R.  il faut être très attentif au fait qu’il y a de la part de l’employé la volonté de montrer qu’on maîtrise, ce qui représente une valorisation personnelle qui, malheureusement, va conduire à des comportements à risques. (Ex. des apprentis couvreurs qui, pour être acceptés par les anciens, doivent marcher sans protection sur la poutre faîtière, ce qui en a rendu un certain nombre paraplégiques à vie.

 

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Intervention de M. KLEIN    AG2R

Le groupe d’assurances AG2R a la particularité d’être géré par des représentants des salariés. À l’origine, il intervenait dans des actions sociales en faveur des retraités défavorisés, et il a évolué vers l’action sociale orientée vers la prévention santé pour aider les personnes à se prendre en main.

Une exposition constituée de panneaux attractifs a été mise au point en faisant appel à différents acteurs spécialistes de la prévention santé au travail (professeur CANTINEAU, CRAM, etc.). L’objectif : créer un outil (gratuit) qui s’intègre au travail de l’entreprise, appréhendé et adapté par l’entreprise elle-même.

Les thèmes actuels : risque chimique, risque routier, nutrition. Il est important que l’entreprise conçoive, à partir du modèle, sa propre exposition.

Henri rappelle que c’est une exposition utilisée tout au long des journées Santé Sécurité de STRACEL.

Lien avec le site de l'AG2R

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Visite de l’usine STRACEL

Henri présente le groupe UPM et le site de STRACEL. Quelques chiffres.

Onze millions de tonnes de papier sont produites par an,

  •  du papier journal : 2,8 millions de tonnes (Mt),
  •  du papier magazine couché, 3,8 Mt
  •  des papiers spéciaux.

Trois usines du groupe sont implantées en France : Chapelles, Docelles et Strasbourg. Quelques données, quelques chiffres.

Une bobine en sortie de machine : 8,48 m de large, 70 km de long.

Matière première : 3,6 Mt de résineux, rondins et déchets de scierie (contours de troncs) écorcés et débités en copeaux de la taille d’une boîte d’allumettes (pour que les fibres cellulosiques ne soient pas cassées donc trop courtes pour un papier résistant).

Les fibres sont blanchies au peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée) puis la suspension est tamponnée au gaz carbonique. La pâte initiale à 6% de fibres dans l’eau conduit après séchage à un gâteau à 92-94% de pâte.

Le papier magazine est couché sur les deux faces, la sauce de couchage est une suspension de carbonate de calcium et de latex. Fini, le papier contient 30% de charges lui conférant opacité et blancheur.

La machine " tourne " à 1550 m/min.

Visite de l’usine. 

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