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On peut agir sur le comportement !
Didier RAFFIN - Maître de conférence associé à l’ULP – Cabinet-conseil DeFACTO.
Présentation.
Didier RAFFIN expose comment, dans l’entreprise, on peut agir sur le comportement pour améliorer la prévention des risques. Il relate l’expérience acquise avec un bilan de plus d’un millier d’heures de formations et d’actions en milieu du travail dans des entreprises diverses. L’expérience a débuté il y a deux ans chez STRACEL.
Dans ce travail on s’intéresse à la prise de décision face à une situation donnée, prise de décision qui doit intervenir en une fraction de seconde (le feu passe à l’orange : que vais faire m’arrêter ou continuer ?). Cette décision va dépendre de notre personnalité et de nos acquis.
Il existe des modèles des comportement qui décrivent les mécanismes mis en action pendant ce temps très court et, au cours de formations et d’interventions dans l’entreprise, ils vont être présentés aux salariés pour leur permettre de pouvoir se corriger.
Didier RAFFIN relève le courage de Henri et de la Direction de STRACEL pour avoir, il y a deux ans, relevé ce défi. A cette époque c’était un pari que d’avoir cru, dans une entreprise où le niveau moyen de diplômes est inférieur au bac, qu’une telle action aurait eu un impact aussi positif.
Tout au long de l’exposé ci-joint, sont énoncés et expliqués les biais (de perception, d’attribution, l’illusion de contrôle etc.) En étant conscient que dans la vie quotidienne l’individu ne peut se baser que sur le risque qu’il perçoit et non pas sur le risque réel. Celui-ci est impossible à analyser en un temps si court, il est donc inutile à la prise de décision, c’est le risque perçu qui doit être pris en compte.
Le principe de l’action à entreprendre : on se base sur les phrases et commentaires entendus lors de l’analyse ou de témoignages d’incident, d’accident, lors d’un audit direct au poste de travail (ex. : « pourquoi ne portez-vous pas vos EPI ? » « Je fais toujours comme ça il ne m’est jamais rien arrivé ! »). Chacun de ces types de phrases correspond à un mécanisme de fonctionnement sur lequel on peut agir efficacement en aidant les personnes à se poser les bonnes questions, en leur montrant que leur réactions et leur comportement à risque ne leur fait pratiquement pas gagner de temps, que leurs impressions ne sont pas exactes, etc.
Ces impressions et analyses personnelles sont en outre influencées par l’environnement social, les conditions de travail, d’éventuels conflits et rivalités, la pertinence de l’information fournie (signalisation obsolète qui décrédibilise l’information vraie), le comportement exemplaire ou non de la hiérarchie. Ce dernier point est fondamental car si la hiérarchie ne donne pas l’exemple, l’échec de la démarche est certain. Par ex. : si lors d’une visite d’usine les cadres et visiteurs ne portent pas d’EPI : « Eux ne portent pas de protections quand ils sont exposés à mon poste, alors pourquoi moi, ouvrier, je devrais les supporter ? »
Pratiquement, par des retours d’expérience, on va mesurer un « climat de sécurité » dans l’entreprise (principe établi et décrit dans sa thèse par Florence SPITZENSTETTER), on en déduit les leviers d’action qui pourront être efficaces pour améliorer ce climat de sécurité (CSEC). Il est divisé en 6 dimensions sur lesquelles on essaiera d’agir :
1.- Prise en compte et niveau de maîtrise du risque.
2.- Pression et respect des règles.
3.- Le management : les salariés ont été surpris de découvrir que la hiérarchie était jugée aussi sur la sécurité par les actionnaires.
4.- L’efficacité des mesures de sécurité mises en place.
5.- Le respect effectif des règles de sécurité
6.- L’engagement personnel des salariés
La mesure de climat de sécurité identifie la perception que les salariés ont de la prise en compte de la sécurité dans leur environnement de travail. Le plan d’action qui en sera tiré aura pour but d’optimiser l’implication des salariés dans les démarches sécurité et de diminuer la survenue des comportements à risque.
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