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Détail du compte rendu
Préalable :
Nombre de personnes présentes : plus de 200.
Présidence d’Adrien ZELLER – Jean Louis LACHMANN
JL BOEHRER Directeur d’ACTAL (action pour les conditions de travail en Alsace)
Nicolas KAERCHER Directeur des Ressources ANACT (agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail)
ACTAL (ANACT régionale) est un organisme semi-public et paritaire, il est financé par l’état, par la région, et ne dépense que des salaires (matière grise).
Il existe 24 branches régionales de l’ANACT. L’ACTAL fête ses 20 ans.
Les conditions de travail sont l’ambiance physique de travail et l’ambiance mentale (charge de travail, l’ambiance avec les collègues …)

Les intervenants :
Alain CANTINEAU Professeur et Président du comité de l’orientation de l’action CdT
Bruno BOURDENET _ Olivier GAUTHIER _ Henri ROUILLEAUT_ ANACT - ACTAL
Raymond BODIN Fondation Européenne
L’accent est mis sur les TMS troubles musculo-squelettiques qui représentent le plus de problèmes de CdT actuellement et qui vont être les causes de modifications profondes des modes opératoires dans les prochains temps (avec le stress et le harcèlement).

Les points critiques, les changements, le manque d’adaptation
- Depuis 3 ans les CdT stagnent, il n’y a pas de constat d’amélioration globale, la recherche dans ce domaine est quasi inexistante
- Les 35 h ont modifié considérablement les habitudes de travail et notamment les horaires sont devenus majoritairement irréguliers.
- 37% des salariés en Europe ne travaillent pas le même nombre de jours chaque semaine. 17% la nuit et 25% le dimanche.
- La question de l’organisation du travail ne se pose plus, on a perdu cette notion, la qualité n’est demandée que pour le produit fabriqué, on ne se soucie pas de la qualité de travail, qui pourtant permet la qualité des produits fabriqués (parce que moins de stress et donc plus de qualité).
- Actuellement il existe un manque de Médecins de travail important, et comme il manque des Médecins (tout court) il n’y a pas d’espoir de voir une amélioration.
- La qualité de travail baisse, les CdT sont plus difficiles et demande une adaptation plus importante (restructuration, performance individuelle, performance d’équipe, certification, JIT …) les salariés ne sont pas préparés ni formés à ces changements et ces exigences, qui émanent souvent des clients.
- On ne dit plus comment faire son travail (explication, précision, prendre le temps de montrer), on demande de respecter un chiffre, une production, une qualité, on doit se débrouiller (autonomie des acteurs à
stress), on prend des risques, on augmente la responsabilité des opérateurs, pas forcément préparés à cela.
- 21% des salariés ont des tensions avec leurs collègues non hiérarchiques, il existe souvent une interdépendance à l’atteinte au résultat (chacun recherche à se prémunir en cas de mauvais résultat, l’effet parapluie)
- Les TMS sont en grande partie issus des contraintes organisationnelles insuffisamment prises en compte, ce qui réduit ou supprime la marge de manœuvre en temps, en moyens et donc ce que la machine ou le procédé n’accomplit pas ou plus, c’est l’homme qui le fait.
- Les TMS représentent actuellement 67% des MP (maladies professionnelles)
- En 2000 à
22817 TMS déclarées.

Le point de vue des spécialistes
- lorsque l’on arrive à convaincre le chef d’entreprise ou mieux l’ensemble de la hiérarchie, des impacts négatifs liés à la détérioration des CdT, et que l’on met en place une meilleure prise en compte des CdT, on obtient un résultat (sur l’impulsion du chef d’entreprise, mais il n’est pas le seul acteur) sur les performances financières, techniques, organisationnelles de l’entreprise.
- Le social est un levier d’efficacité économique,
- Il favorise l’innovation. Actuellement on ne perd plus le temps de chercher la meilleure solution ou d’être en veille (inventif), on applique ce qui fonctionne ailleurs, sans vraiment se soucier de l’adaptation à faire.
- Il permet de piloter des systèmes de technologies complexes
- La mise en place et la maîtrise de nouveaux procédés
- Il permet d’être plus disponible pour les clients (qualité)
- Il autorise une augmentation de la productivité (*), de la compétitivité, par une baisse des coûts
- En incitant une meilleure coopération entre les services, il permet une meilleure organisation, réduit les pertes de temps et permet une meilleure compréhension des problèmes à l’atteinte des objectifs communs.
- L’HOMME est dans une logique de projet (d’avenir), il souhaite acquérir plus de connaissances, plus d’expérience etc dans l’entreprise. Les intérimaires, les CDD, les CDI n’ont pas les mêmes objectifs personnels et doivent travailler ensemble pour les mêmes buts.

Constats, remarques :
1 700 000 salariés en Alsace
102 entreprises de plus 500 salariés (+ de 60 000)
264 entreprises de 200 à 500 salariés (~100 000)
Chômage en France : 12.8% en Alsace : 8.6%
EN France 68% de CDI en Alsace : 75%
Les entreprises étrangères en Alsace :
Américaines, prennent bien en compte le risque chimique
Japonaises, idem et en plus l’aspect du personnel est mieux pris en compte
Allemandes, la plupart n’ont pas le contrôle direct, ni l’autonomie, elles doivent rapporter outre Rhin.
Les arrêts de travail suite à AT sont de plus en plus longs, l’augmentation est régulière. En 2000 cela représentait autant qu’il y a 30 ans, alors que la médecine a considérablement amélioré la réparation, ce résultat est d’après les spécialistes, essentiellement dû au manque de considération de la personne dans l’entreprise.
Les TMS connus aujourd’hui représentent que 10 à 20% de la réalité du terrain. Les cancers représentent 15 à 20 mille cas annuels contre quelques uns reconnus professionnels, aujourd’hui nous ne sommes pas capables de lier les causes et les effets, notamment par les effets retard de certaines substances.

Risques nouveaux
Ils sont dus en grande partie
à la précarité de l’emploi, aux cadences de travail, aux horaires de travail, aux RTT (pour les cadres cela semble avoir été bénéfique) souvent ces dispositions ont été adoptées sans participation des acteurs.
Mais aussi à la diminution des temps de pause, à la réduction des échanges formels et informels
Bref c’est un choc culturel
Avant à
remise de la médaille du travail (liée à l’ancienneté dans l’entreprise)
Maintenant à
précarité d’emploi
Le sens de " beau travail " ou de " travail bien fait " n’existe plus.
Le harcèlement n’est pas souvent voulu ou calculé, par exemple ; subir une pression au delà de ce qui est supportable, fait que l’on transmet cette pression sans l’adapter à celui qui la subit.
L’externalisation des risques par la sous-traitance, augmente le trafic routier, les accidents de trajet etc.
En moyenne on change de sous-traitant tous les 2 ans (pour le même service)
60% des messages oraux se perdent (augmentation du risque par méconnaissance)
On perd autant de messages écrits (archivage mal fait, manque de temps, changement de personne, de fonction…)
Illustration de nouveaux risques :
Certains transporteurs de matières dangereuses (chimiques) enlèvent les marquages, panneaux spécifiques, demandés par le code du transport (RTMD) pour pouvoir emprunter les tunnels qui sont interdits à certaines marchandises. Autre cas révélateur, les services d’entretien des autoroutes retrouvent des bouteilles en plastique remplies d’urine sur les abords, les chauffeurs n’ont plus le temps de faire la pause : besoin physiologique !

(*) Les principes de l’amélioration de l’organisation du travail :
Une des clés est détenue par le service Méthodes qui doit répondre au quotidien (disponibilité, réactivité) et préparer l’avenir (réfléchir, calculer les coûts directs, indirects, fixes …)
Il est nécessaire de connaître les coûts parasites afin de les éliminer, pour être plus compétitif.
L’ergonomie est la science de l’organisation rationnelle du travail.
Lorsque que le travail est rendu plus simple, plus facile et optimisé, les CdT sont améliorées, c’est l ‘adaptation des moyens à l’Homme.
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