| RESEAUX LOCAUX SANS FIL : SEDUCTION ET DANGERS |
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Article de Christian Claveleira,
Ingénieur au Comité Réseaux des Universités,
Dans SECURITE INFORMATIQUE Numéro 40 juin 2002,
une publication du CNRS
Les
principales technologies de réseaux sans fil
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Un réseau fragile et
ouvert
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Les réseaux sans fil ne permettent d'assurer d'une manière
certaine ni l'authentification des utilisateurs, ni la confidentialité et
l'intégrité des données, ni la disponibilité des services. Bref, cette
technologie reste très fragile. Allons-nous voir se généraliser cette situation
ubuesque où les utilisateurs de réseaux locaux traditionnels se font imposer de
lourdes procédures de sécurité tandis que n'importe qui, avec un ordinateur
portable équipé de la carte idoine, peut tranquillement, de sa place de parking,
capturer le trafic, modifier les données ou rentrer dans le réseau avec les
droits qu'il veut.
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Principe
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Un réseau local sans fil, souvent appelé WLAN (Wireless LAN)
dans la littérature, ou encore Réseau Local Radioélectrique (RLM),-permet
de remplacer une ou plusieurs liaisons matérielles de transmission de données
par des ondes radioélectriques.
Si plusieurs solutions techniques ont vu (ou vont voir) le
jour, le standard dominant aujourd'hui est le 802.11 b de l'IEEE avec sa version
labélisée Wi-Fi (1). Il offre une portée d'une centaine de mètres et un débit
théorique de 11 Mb/s. Même si le débit pratique ne dépasse guère la moitié de ce
chiffre, c'est largement suffisant pour des clients "légers" qui voient ce type
de réseau comme un réseau ethernet.
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Réglementation
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Les équipements 802.11 b utilisent la bande des 2,4GHz
(applications scientifiques, industrielles et médicales). En France
l'utilisation en est libre à l'intérieur de bâtiments privés, est soumise à
demande auprès de l'ART pour utilisation à l'extérieur sur un domaine privé, et
est interdite sur le domaine public.
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Coût et disponibilité
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Les équipements 802.11 b sont disponibles sous de nombreuses
marques (le nombre effectif de fabricants est bien plus faible) comme
Lucent/Orinoco, Apple, D-Lin k, SMC, Aironet/Cisco, 3Com, Intel...
Le coût d'un point d'accès pouvant accueillir plusieurs
dizaines d'utilisateurs est de l'ordre de 330 à 800 euros HT et celui d'un
adaptateur Wi-Fi au format PCI ou PCMCIA est de l'ordre de 150 à 230 euros HT.
Il existe même des cartes Wi-Fi au format CF particulièrement adapté aux PDAs et
on trouve maintenant des portables intégrant un adaptateur 802.11 b et son
antenne en standard.
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Domaines d'utilisation
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Domaines d’utilisation
- remplacement à moindre frais du câblage de tout ou partie d'un bâtiment (un
point d'accès partagé plus un adaptateur peuvent coûter moins cher que
d'installer une prise, surtout dans un bâtiment difficile) ;
- raccordement rapide d'équipements sans les démarches et les délais
d'extensions d'un réseau existant ;
- offrir l'accès au réseau de l'entreprise aux équipements nomades (portables,
PDAs...) qui, par nature, n'aiment pas les fils;
- montage d'un réseau pour des manifestations temporaires (salons,
démonstrations...)
- bornes d'accès dans des lieux publics (aéroports, gares...).
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Avantages
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Un des gros avantages de la technologie Wi-Fi est sa facilité de déploiement
: il suffit d'une prise de courant et d'un accès réseau. Les valeurs par défaut
des paramètres de configuration permettent souvent un fonctionnement immédiat
(mais non sécurisé).
Faible coût. On peut déjà trouver des points d'accès à 170 euros T.T.C. ,
des adaptateurs USB, des ponts câble /xDSL-802.11 b... De quoi partager un accès
ADSL ou câble sans se ruiner
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Les problèmes
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Absence de maîtrise du
support
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Absence de maîtrise du support
Comme toute émission radio, celle des RLR se propage dans un volume centré
sur l'antenne d'émission et peut donc être captée par tout autre récepteur et
par une antenne appropriés placés dans ce volume. Concrètement, tout autre
adaptateur 802.11 b, placé à portée d'un RLR, peut potentiellement révéler les
données échangées, voire donner accès à celuici si des précautions ne sont pas
prises.
La portée dépasse plus ou moins largement le bâtiment dans
lequel se trouve l'antenne d'émission : même si un RLR Wi-Fi est au centre d'un
campus de plusieurs centaines de mètres de rayon, l'utilisation d'antennes
directionnelles (disponibles dans le commerce ou à fabriquer soi-même) sur un
équipement pirate, peut décupler sa zone de couverture, le rendant ainsi
accessible depuis l'enceinte, le site du concurrent, la cité universitaire
voisine... |
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Faiblesse du contrôle
d'accès
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Faiblesse du contrôle d'accès
Pour accéder à un réseau Wi-Fi, il est généralement (mais pas toujours)
nécessaire de connaître son identifiant (le SSID), mais, outre qu'il peut être
laissé à la valeur par défaut du constructeur, il est annoncé en permanence par
les points d'accès (beacon) ce qui permet à certains clients d'offrir le choix
des réseaux disponibles à l'utilisateur.
Un contrôle par adresse MAC est souvent offert sur les points d'accès mais,
même s'il est mis en oeuvre, il peut facilement être contourné car la plupart
des adaptateurs permettent de modifier leur adresse... |
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Situation et conditions d'installation des RLRs dans
l'infrastructure réseau
Les problèmes ci-dessus sont fortement aggravés par le fait que
les points d'accès sont généralement installés à l'intérieur des périmètres
protégés par les pare-feux et souvent installés à l'insu de l'administrateur
réseau (et du RSSI)...

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Les attaques
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Ces particularités ont engendré un nouveau "sport" en vogue
outre-Atlantique : le war-driving. Il suffit d'un portable avec un
adaptateur Wi-Fi, éventuellement une antenne améliorée, un des logiciels
spécialisés disponibles sur l'Internet, éventuellementcouplé à un GPS, à bord
d'un véhicule se promenant aux abords des sites "intéressants" pour y repérer
les RLRs. Une variante encore plus légère, à base de PDA, connaît un grand
succès.
Nul doute que cette activité ne trouve quelques adeptes sur ou
autour de nos campus...
Pour résumer : sans précautions spécifiques, l'installation
d'un réseau 802.11b revient à offrir un accès public à son réseau interne !

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Solutions
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Il n'existe malheureusement pas de solution simple pour
sécuriser un RLR 802.11 b.
En attendant 802.11 i (chiffrement AES et gestion de clés
utilisateur) et 802.1 x (authentification EAP et contrôle d'accès à base de
certificats, promu par Cisco et Microsoft, dans lequel des failles ont déjà été
découvertes (5)) qui demanderont des mises à jour, il faut mettre en oeuvre des
solutions éprouvées, mais plus ou moins lourdes comme les VPNs, IPSec, SSL/TLS,
HTTPS (pas toujours exemptes de faiblesses et souvent incompatibles avec une
gestion de qualité de service).

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Conclusion
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Si la technologie Wi-Fi est le rêve des utilisateurs, elle peut
être le cauchemar des administrateurs réseau du fait de ses caractéristiques
intrinsèques, de sa facilité de déploiement "sauvage" et des promesses non
tenues du WEP Son utilisation doit se faire en connaissance de cause en
appliquant un maximum de précautions.
Christian Claveleira,
Ingénieur au Comité Réseaux des Universités,
Christian.Claveleira@cru.h

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Les principales technologies de réseaux sans fil |
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IEEE 802.11b
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IEEE 802.11 b
Normalisée en 1997, et promu également sous le label Wi-Fi de l'alliance
WECA, il offre un débit théorique de 11 Mb/s pour une portée d'une centaine de
mètres. Il utilise une bande de fréquence libre d'utilisation dans la plupart
des pays autour de 2.4GHz en utilisant une modulation de type DSSS. Il émule un
réseau ethernet et supporte donc le protocole IP sans problème mais n'offre pas
de qualité de service. De nombreux produits 802.1 lb étant maintenant
disponibles (et interopérables) et abordables, cette technologie est en plein
essor et ne vise plus seulement les utilisateurs professionnels. Certains la
verraient même se substituer, dans certaines conditions, à la téléphonie de 3'
génération pour la transmission de données...
Des évolutions, offrant jusqu'à 54Mb/s, sont en cours de standardisation sous
les références 802.1 l a (interdit en Europe) et 802.11g.  |
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HomeRF
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HomeRF
Né en 1998 à l’initiative du Home Radio Frequency Working Group rassemblant
Compaq, HP, IBM,
Intel ci Microsoft, HomeRF, dérivé du standard 802.11, est
orienté usage domestique. Paradoxalement, il offre une gestion de qualité de
service et une meilleure sécurité que le WEP niais est concurrencé par Wi-Fi. Il
permet de transporter des données et de la voix sur une liaison DECT Peu de
produits existent et, Intel et Microsoft s'étant ralliés à Wi-Fi, HomeRF semble
condamné
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HiperLan 1 et 2
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HiperLAN 1 et 2
Standard européen de l'ETSI initié en 1992, HiperLAN 1 offre un
débit de 20Mb/s dans la bande des 5 GHz contre 54Mb/s pour sa version 2.
Utilisant la même couche physique que 802.11 (OFDM), il n'est néanmoins pas
compatible avec lui car sa couche MAC se rapproche plus d'ATM que d'ethernet. Le
principal défaut d'HiperLAN est d'être européen mais, si HiperLAN 1 n'a jamais
vu le jour, des produits HiperLAN 2 sont attendus dans les prochains
mois.  |
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Bluetooth
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Bluetooth
Lancé en 1994 par Ericsson, il a vocation à permettre l'échange de données
entre appareils numériques portables à courte distance (10 m), avec un débit
théorique de 1Mb/s, sur la bande des 2.4GHz. Ses points forts sont sa faible
consommation énergétique et le support de données synchrones comme la
voix. Après bien des promesses les produits Bluetooth arrivent enfin sur le
marché, mais à des prix pour l'instant nettement supérieurs à ce que ses
promoteurs laissaient espérer. Une évolution est en préparation : Bluetooth 2.
qui devrait offrir des débit de 2 à 10 Mb/s. |
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