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Une journée organisée par l’association de toxico-chimie s’est déroulée au CNAM le 29 novembre 2002.
Elle a porté sur les risques toxiques et environnementaux liés aux plantes transgéniques commercialisées.
Bien que la recherche fabrique des OGM depuis 1975, le débat social a commencé dans les années 1980 avec les essais environnementaux, puis avec les récoltes de plantes transgéniques destinées à l’alimentation.
Ce débat ne porte pas sur le principe des manipulations génétiques mais sur le fait qu’elles concernent les biens destinés à la consommation.
Ce sont principalement les gènes de virus et de bactéries qui servent à la fabrication d’OGM d’organismes supérieurs (plantes mais également animaux de ferme) car ce sont les génomes les mieux connus.
Au niveau mondial, 16% des cultures sont transgéniques. Le continent américain produit à lui seul 97% de ces cultures.
En 2001, plus de 50 millions d’hectares sont plantés dans le monde.
Les plantes les plus couramment cultivées sont le soja (59%) et le maïs (24%), viennent ensuite le coton (12%), le colza (6%) et le tabac (2%).
Les principaux pays producteurs sont :
- les États-Unis : 28 à 30 millions d’hectares avec 54% de soja et 25% de maïs,
- l’Argentine : 5 à 6 millions d’hectares avec 75% de soja et 11% de maïs,
- le Canada : 4 millions d’hectares avec 50, 60% de canola et 44% de maïs,
- la Chine : 1 million d’hectares avec soja, tabac, coton.
Sous l’impulsion de l’Amérique du Nord, des pays en voie de développement augmentent leur production d’OGM. Par contre en Europe, elle est faible (0.01%), bien que la mise sur le marché soit autorisée depuis fin 2000.
Les cultivateurs y sont hostiles principalement pour des raisons de rendement inférieur et de semence à renouveler régulièrement.
Les deux principaux caractères des OGM cultivés sont la tolérance à un herbicide (69%) et la production d’insecticide (21%).
Une deuxième génération d’OGM est en progression, il s’agit de la combinaison de ces deux caractères.
D’autres caractères sont utilisés de façon minoritaire, par exemple la résistance à des virus (3%).
Evaluation du risque :
Pour la santé :
- Allergie provoquée par les protéines exprimées par le transgène.
- Toxicité de ces nouvelles protéines ou des métabolites produits.
- Accumulation possible de celles-ci dans la plante et dans l’organisme du consommateur.
Pour l’environnement :
La prévention :
Depuis 2000, la communauté européenne a décidé l’étiquetage obligatoire des biens de consommation contenant des OGM.
Un produit est considéré comme tel, à partir du moment où l’un des ingrédients qui le constitue contient plus d’1% d’OGM.
D’autres pays du monde ont adopté l’étiquetage (Corée du sud, Japon, Chine, Australie..) et il est envisagé dans de nombreux autres (Ethiopie, Indonésie..).
- Tests de toxicité :
Actuellement il existe deux types de tests :
- L’équivalence en substance, basée sur l’absence de différence significative de la structure chimique d’un OGM comparée à celle du produit naturel.
- Le test préalable de nutrition sur l’animal : étude des effets à court terme (environ 20 jours).
Les accords européens de novembre 2002 sur le protocole d’autorisation de mise sur le marché des OGM et les nouveaux aliments ont statué sur l’allongement du temps d’expérimentation animale à 90 jours.
Ils devront porter sur leurs propriétés immunotoxiques, neurotoxiques et toxiques pour la reproduction.
Les commissions consultées sur les OGM :
- La Commission du Génie Génétique (CGG) :
Son rôle est de contrôler les essais en milieu confiné.
- La Commission de Génie Biomoléculaire (CGB) :
L’avis de ces commissions est déterminant pour les autorisations d’essais ou de mise sur le marché (procédure européenne) délivrées par le Ministère de l’Agriculture et de la Forêt.
La seconde étape d’évaluation est prise en charge par le Comité de Biovigilance créé en 1998. Il procède au suivi des cultures d’OGM après leur mise sur le marché.
Marie Ange JACQUET – Janine WYBIER
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