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Le
point sur la LéGIONELLOSE
La
situation actuelle
- en 1999, 440 cas de "maladies
du légionnaire" sont déclarés en France,
mais le nombre réel est estimé selon les sources entre
2000 et 5000 cas par an,
- le nombre de légionelloses
contractées en milieu hospitalier (maladie nosocomiale)
représente 20 % de l'ensemble des légionelloses.
Les
aspects cliniques
1- La maladie du légionnaire
ou pneumopathie à legionella.
Elle est identifiée en 1976 à
Philadelphie lors de la convention annuelle des vétérans
de l'Américan Legion (d'où son nom). On a alors recensé
34 morts et 221 malades, tant dans l'hôtel que parmi les
spectateurs de la parade.
- C'est une infection grave dont
l'incubation dure de 2 à 10 jours,
- elle débute par un état
grippal avec température élevée ( > 40°C
) et toux sèche, des malaises et des douleurs abdominales,
souvent des diarrhées, parfois des troubles psychiques,
- les complications peuvent être
un choc, une insuffisance respiratoire et/ou une insuffisance
rénale, des lésions invalidantes dues aux longs temps
d'immobilisation en état de coma.
- Les complications sont mortelles
dans 15 % des cas (vers le 7ème à 8ème jour).
En cas de guérison, la rémission apparaît entre
le 8ème et 10ème jour.
- L'immobilisation de longue durée
occasionnée par les soins et les comas éventuels
laissent des séquelles invalidantes graves.
2- La fièvre de Pontiac.
Infection bénigne dont
l'incubation dure de 5 heures à 3 jours,
elle se traduit par un syndrome
grippal guérissant spontanément en 2 à 5 jours
(absence d'atteinte pulmonaire). Ces symptômes font qu'elle
peut passer pour une simple grippe.
Diagnostic
biologique effectué au laboratoire
1-Recherche de légionelles
sur les sécrétions bronchiques et biopsies pulmonaires
:
2-Recherche d'antigènes
dans les urines
méthode rapide (24 heures),
permet un diagnostic précoce
(dès le début des signes) et tardif (jusqu'à 2
mois),
meilleure sensibilité que
la sérologie et bonne spécificité.
Le
traitement
Les facteurs favorisants sont représentés
par:
l'âge croissant (> 50
ans), rarement les enfants, mais aussi les prématurés
et les nouveau-nés,
les terrains fragilisés
(diabète, cancer, insuffisances respiratoires),
le sexe masculin (H/F = 2,5),
l'alcoolisme, le tabagisme,
les immunodéficients,
les insuffisants rénaux
graves (facteur aggravant x 200),
les patients sous traitements
immunosuppresseurs (corticothérapie, chimiothérapie),
Le
germe
Il appartient au genre Legionella dont
on distingue 45 espèces connues :
Legionella pneumophila qui est la
bactérie la plus représentée en pathologie
humaine (dans 70 à 90 % des cas),
Legionella jordanis (10 % des
cas),
Legionella bozemani (3 % des cas).
Résistance
de la bactérie aux désinfectants
à 2 mg/l de chlore,
à 1 mg/l d'ozone,
à 160 J /m2 d'UV.
Facteurs
de croissance des germes:
les légionelles se
développent dans tous les types d'eau et de milieux hydriques
(sauf l'eau de mer où elle n'a jamais été
identifiée à ce jour) :
entre 6 et 63°C avec un
optimum à 37°C,
5,5< pH < 9,2 optimum à
6,8
le fer est favorisant,
la L-cystéïne (acide
aminé) est indispensable,
elles trouvent des conditions
particulièrement favorables de multiplication et
d'amplification en parasitant les amibes présentes dans les
réseaux d'eau potable et certaines algues,
elles colonisent les biofilms (les
polymères exogènes les protègent des agents
bactéricides).
Sources
de contamination (essentiellement hydriques) :
les tours aéroréfrigérantes
(TAR) : aux premiers jours chauds de l'été, les
systèmes de climatisation redémarrent et les bactéries
qui se sont multipliées dans la tuyauterie et le réservoir
pendant les mois d'inactivité se dispersent dans l'air que la
population respire entraînant ainsi des mini-épidémies,
l'eau du robinet provenant des
grands réservoirs peut être responsable de
mini-épidémies,
les chauffe-eau électriques
de type cumulus ou ballons d'eau chaude sont responsables de cas
isolés (ceux au gaz ou au mazout semblent épargnés),
les bains à remous type
jacuzzi,
les fontaines réfrigérantes
ou décoratives,
les nébuliseurs et les
humidificateurs,
les pommes de douche (en
particulier entartrées),
les sédiments, sols
humides, boues d'épuration, composts et terreaux de jardin,
les excavations de travaux
publics, en particulier de vieux immeubles à l'abandon,
les plans d'eau douce,
les rivières,
Facteurs
favorisant la prolifération de la bactérie
eaux stagnantes (bras mort,
réservoir, bac de condensation, éléments
obstruant un réseau),
température de 20 à
45°C,
biofilms,
ions ferriques et zinc(zones
corrodées de tuyaux, de capots, de réservoirs),
aluminium et magnésium,
caoutchouc, (y compris silicone),
certains plastiques, le bitume, les matériaux biodégradables
les niches particulièrement
favorables à son développement et à la
recolonisation après traitement sont le tartre, poreux et
protecteur car isolant thermique, les tuyaux en caoutchouc.
Facteurs
défavorisant la prolifération de la bactérie :
recirculation permanente pour
éviter la stagnation,
température en dehors du
domaine 6 - 66°C,
ions d'argent et de cuivre,
brome.
Colonisation
d'un support :
adhésion au support neuf et
propre : quelques minutes,
formation du biofilm : quelques
heures,
l'équilibre est atteint en
1 mois environ.
Une enquête en région
parisienne a montré que 70 % des équipements collectifs
de distribution d'eau chaude contenait des légionelles.
Contamination
humaine
La voie de
transmission est aérienne par inhalation d'eau contaminée
par des légionelles sous forme d'aérosols contenant
des micro gouttelettes de taille inférieure à 5 µm
(douches, panaches de TAR, nébulisateurs et humidificateurs).
Legionella pneumophila peut vivre 2 heures dans un aérosol
dont l'humidité relative est de 65%.
On ne connaît pas
actuellement de dose limite infectante.
La voie digestive n'a pas été
prouvée.
Aucun cas de contamination
inter-humaine n'a été rapporté.
Prévention
de la contamination
1- Les moyens de prévention
individuels simples et élémentaires sont :
de faire couler l'eau chaude (et
l'eau froide) quelques temps avant de prendre une douche, mais
surtout sans exagérer le débit de façon
à ne pas former d'aérosols,
lorsque c'est possible, maintenir
l'eau des chauffe-eau à 70 °C,
assurer un bon entretien des
circuits d'eau chaude sanitaire, les protéger de la
corrosion,
éviter les brumisateurs
(nébuliseurs, etc.),
se maintenir à l'écart
des panaches de TAR : fermer les fenêtres des pièces
exposées sous le vent,
se protéger lors de travaux
ou d'interventions en terrasses où se trouvent des TAR
(masques P3 - Norme EN 149).
2- Dans les établissements
recevant du public (hôtels, campings, maisons de
retraite, centres d'hébergement, complexes sportifs.) et
les installations à risques :
TAR, bains à remous et bains à
jets, installations de conditionnement d'air, circuits de
refroidissement industriels, réseaux d'eau chaude sanitaire de
structures accueillant du public conformément aux
dispositions de la circulaire DGS97/311 du 24.04.97. En
l'absence de ces dispositions il est recommandé aux
responsables de ces installations d'évaluer la qualité
de cet entretien au moins une fois par an, par des prélèvements
soumis à la recherche de légionelles.
3- Dans les établissements
de santé
Selon la circulaire DGS 98/771 du
31.12.1998, le gestionnaire d'un établissement de
santé doit vérifier et garantir la qualité d'une
eau destinée à la consommation:
en assurant un entretien régulier
du réseau de l'établissement,
en recherchant les légionelles
au moins 1 fois par an sur des prélèvements effectués
sur tous les réservoirs, les ballons d'eau, les points
d'usage (10 points d'usage au moins et 2 points d'usage en plus par
tranche de 100 lits au-delà de 500 lits) et les autres
installations à risques,
en formalisant les procédures
d'utilisation de l'eau pour les soins et pour la désinfection
des dispositifs médicaux,
en recherchant systématiquement
une légionellose lors de la survenue d'une pneumopathie chez
un patient hospitalisé.
Réglementation
et textes de référence :
Extrait de :
"Légionellose
Maladie des vétérans - le point sur la légionellose"
(M.E.S.)
Vous
trouverez sous cette rubrique un récapitulatif des
recommandations et des textes réglementaires en rapport avec
la légionellose, dont les plus récents sont accessibles
dans leur intégralité. Ces documents sont avant tout
destinés aux professionnels.
Avis
du conseil supérieur d'hygiène publique de France du 16
avril 1999
sur
la place de l'antibioprophylaxie dans la prévention des
légionelloses nosocomiales.
100
recommandations pour la surveillance et la prévention des
infections nosocomiales. Deuxième édition 1999.
Circulaire
DGS N° 98/771
du 31décembre 1998 relative à la mise en ouvre de
bonnes pratiques d'entretien des réseaux d'eau dans les
établissements de santé et aux moyens de prévention
du risque lié aux légionelles dans les installations à
risques et dans celles des bâtiments recevant du public.
Décret
N° 87-1072
du 11 décembre 1998 modifiant le décret n° 686-770
du 10 juin 1986 fixant la liste des maladies dont la déclaration
est obligatoire en application de l'article L.11 du code de la santé
publique.
Circulaire
DGS N° 97/311
du 24 avril 1997 relative à la surveillance et à la
prévention de la légionellose.
Circulaire
DGS/DH N° 236
du 2 avril 1996 relative à la désinfection des
endoscopes.
Guide
de bonnes pratiques DGS de
juin 1995 : "Recommandations de bonnes pratiques sanitaires dans
les établissements thermaux".
Arrêté
du 20 juillet 1992
modifiant l'arrêté du 14 octobre 1937 modifié
relatif au contrôle des sources d'eaux minérales.
Circulaire
DGS/SD1.D.92/N° 513
du 20 juillet 1992 relative à la qualité des eaux
minérales naturelles dans les établissements thermaux.
Bibliographie
Ce document est un résumé
réalisé à partir des sources suivantes :
Journée de formation CNRS :
"Légionellose : actualisation des connaissances"
Siège du CNRS - rue
Michel-Ange - Paris le 23 mars 2001
CNRS - Inspection Générale
d'Hygiène et de Sécurité.
Sites internet :
Site d'un laboratoire privé :
J.P. Lanfranchi
http://labo.lanfranchi.free.fr/
Site de médecine du travail de
Strasbourg :
http://www.sdv.fr/aimt67/
Site du ministère de l'emploi et
de la solidarité :
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/legionellose/
J. DUCRET -
Mulhouse le 27 avril 2001
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